Marguerite YOURCENAR
« Le tour de la prison ». L’écrivaine nous donne des impressions sur ce qu’elle a vu, vécu lors de sa traversée des Etats Unis et de ses séjours au Japon. Tout est abordé sous un angle original, intéressant.
« L’œuvre au Noir ». La lecture de ce roman a été difficile pour certaines lectrices, roman jugé trop philosophique, trop érudit comportant beaucoup de joutes verbales. C’était presque « un pensum ». D’autres n’ont pas été séduites par le personnage de Zénon. Elles se sont aussi senties un peu perdues avec l’évocation des guerres de religion.
Par contre, pour d’autres lectrices, c’est un ouvrage intéressant. La question du libre-arbitre est très actuelle ; Zénon reste indépendant en esprit, aux dépens de sa propre vie.
De grands thèmes sont évoqués, toujours d’actualité : Les guerres de religions, le pouvoir des banquiers, l’exploitation du peuple par les puissants…
Pourquoi ce titre « L’œuvre au Noir » ? C’est un terme alchimique qui, ici, désigne symboliquement les épreuves de l’esprit qui se sépare des routines, des préjugés, des dogmes.
« Le coup de grâce » : L’action se déroule dans les pays baltes, en 1919, en temps de guerre. C’est une étude de caractères concentrée sur trois personnages : Eric, Conrad et Sophie. Le livre est centré, en particulier sur le personnage d’Eric, froid, insondable. La fin est glaçante. Le style du roman est fluide.
« Les Nouvelles orientales » : C’est un ouvrage agréable, facile à lire. Certaines nouvelles rappellent Pearl BUCK.
« Mémoires d’Hadrien » : L’ouvrage se présente comme une autobiographie adressée par Hadrien au futur empereur Marc Aurèle. Hadrien évoque les étapes marquantes de sa vie, de son règne (117 – 138 ap. JC). La langue est sublime et manifeste une connaissance très large de l’époque. Certains thèmes abordés sont toujours d’actualité : La peur de vieillir, l’homosexualité, l’art de gouverner, l’envie de laisser quelque chose à la postérité.
Le projet d’Hadrien est un projet de pacification et de réformes, guidé par des idéaux de justice et de modération. Il est aussi fasciné par les autres civilisations ; son but, c’est se découvrir soi-même par l’intermédiaire de la rencontre des autres (Antinoüs, les autres peuples faisant partie de l’Empire romain, les autres cultures…).
Isabelle EBERHARDT
« Ecrits intimes » :
L’ouvrage consiste en un échange de lettres de l’écrivaine avec son frère, un ami et son mari. Au début, pour certaines lectrices, l’échange de lettres avec son frère est assez insupportable. Ensuite, les autres échanges sont plus intéressants. Le cheminement de la jeune femme, très progressiste, qui se convertit à l’Islam soufi, qui prend sa vie en mains de façon étonnante, devient intéressant.
Mais ces lettres soulignant sa misère financière, ses errances, trop « sollicitantes », harcelantes, pour certaines lectrices, peuvent paraître « énervantes », désespérantes, par leur forme obsessionnelle et répétitive.
Pour d’autre lectrices, c’est vrai, au départ, on a du mal à entrer dans ces lettres mais il faut se reporter à la situation complexe d’Isabelle EBERHARDT. C’est elle qui porte à bout de bras les membres de sa famille. Ce n’est pas du tout une femme soumise ; elle ne se soumet pas, par exemple, aux facteurs identitaires hérités à la naissance : Elle parle d’elle aussi bien au masculin qu’au féminin. On peut admirer son courage et sa volonté. Elle est cultivée, polyglotte, c’est une femme avant-gardiste, une vraie aventurière. « Elle était ce qui m’attire le plus au monde : Une réfractaire » (Général LYAUTEY).
Coups de cœur : Voir tableau
Prochaine lecture
Maryse Condé : Une œuvre au choix
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